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Chatbot call center : ce qu’il absorbe vraiment, et ce qui revient au conseiller

En bref. Un chatbot ne remplace pas un centre d’appels, il en retire des contacts. Combien ? Cela ne dépend presque pas du bot : cela dépend de la composition de votre flux. Dans les centres de contact externalisés français, les agents IA pèsent 8,7 % du chiffre d’affaires en 2025 et le téléphone en concentre encore 73 % (baromètre SP2C x EY, édition 2026). Et deux échéances tombent cette semaine : l’obligation de dire que c’est une IA est applicable depuis le 2 août 2026, et le démarchage téléphonique passe au consentement préalable le 11 août 2026.

Cherchez « chatbot call center » et vous tombez sur deux familles de pages. D’un côté, des classements de logiciels de service client qui ne parlent jamais de centre d’appels. De l’autre, des éditeurs de voicebots qui promettent d’automatiser « jusqu’à 80 % » des demandes sans jamais dire de quoi ce pourcentage est le pourcentage. Entre les deux, il manque la seule chose qu’un responsable de plateau cherche vraiment : combien d’appels et de conversations un bot va réellement retirer de la file, et lesquels.

Cet article répond à cette question avec un modèle explicite, un simulateur que vous pilotez avec vos propres hypothèses, et les deux textes juridiques qui encadrent le sujet en France depuis quelques jours.

Entonnoir en pate a modeler qui trie des fiches vierges dans trois bacs corail bleu et vert
Le taux de déviation d’un chatbot n’est pas une caractéristique du produit : c’est le résultat du tri de vos motifs de contact.

Chatbot, callbot, voicebot : ce que vous achetez n’est pas la même chose

Le premier malentendu du sujet est lexical, et il coûte cher en appel d’offres. Sur un centre d’appels, quatre objets différents se cachent derrière le mot « bot », et ils n’agissent pas au même endroit de la chaîne.

Définition

Chatbot de centre de contact : agent conversationnel écrit, posé sur le site, l’application ou une messagerie, dont la fonction première dans un call center n’est pas de répondre à l’appel, mais d’empêcher l’appel d’avoir lieu. Il travaille en amont de la file téléphonique, pas dedans.

Ce que vous achetez Canal Où il agit Effet mesurable sur le plateau
Chatbot écrit Site, application, WhatsApp, Messenger, Instagram Avant l’appel Moins de contacts entrants sur les motifs répétitifs
Callbot ou voicebot Téléphone À la place de l’appel Appels traités sans conseiller, ou pré-qualifiés
Serveur vocal interactif Téléphone Avant la mise en file Routage, pas de résolution
Agent assist ou copilote Poste du conseiller Pendant l’appel Durée de traitement plus courte, volume inchangé

La confusion la plus fréquente oppose le chatbot au callbot. Le premier écrit, le second parle : la définition d’un callbot et ses avantages et celle d’un voicebot montrent que la brique de reconnaissance vocale change le coût, la latence et le taux d’erreur, pas la logique conversationnelle. Le point important pour un centre d’appels est ailleurs : un chatbot écrit et un callbot ne se disputent pas les mêmes contacts. Le premier prend des demandes qui seraient devenues des appels ; le second prend des appels déjà passés.

Bon à savoir

Un « agent assist » qui fait gagner 40 secondes de durée moyenne de traitement ne dévie aucun contact. Il augmente la capacité du plateau à effectif constant. C’est un gain réel, mais il ne se lit pas dans le même indicateur, et il ne se cumule pas naïvement avec la déviation.

Le chiffre qui recadre le sujet : l’IA pèse 8,7 % du chiffre d’affaires

Le SP2C, syndicat professionnel des centres de contacts, publie chaque année avec EY Consulting un baromètre du secteur. L’édition 2026, intitulée « IA et Relation Client externalisée : vers une performance augmentée », a été présentée le 9 juillet 2026. Elle mesure, sur les membres du syndicat, la part du chiffre d’affaires réalisée selon l’usage de l’IA. Le résultat vaut d’être lu avant toute réunion de cadrage.

8,7 %du chiffre d’affaires 2025 porté par les agents IA (chatbots, voicebots, automatisation)
73 %du chiffre d’affaires du marché français encore concentré sur le canal téléphone
3,5 Md€taille du marché français de la relation client externalisée en 2025, en recul de 1,4 %

Le baromètre écrit, page 26 : « En 2025, le chiffre d’affaires reste très majoritairement porté par les conseillers humains (90,4 %). » Et il précise : « Les solutions d’IA représentent une part encore limitée (8,7 %), tandis que les agents hybrides demeurent marginaux (0,9 %), confirmant la place prépondérante de l’humain dans la relation client. » L’échantillon est de 58 répondants parmi les membres du SP2C.

Graphique du barometre SP2C x EY 2026 : 90,4 % conseillers humains, 8,7 % agents IA, 0,9 % agents hybrides
Répartition du chiffre d’affaires 2025 selon l’usage de l’IA. Baromètre des impacts économiques, sociaux et territoriaux des centres de contact externalisés en France, édition 2026, SP2C et EY Consulting, page 26.

Ce n’est pas un retard d’adoption. C’est la structure du métier. Le même baromètre note que « en 2025, le Téléphone confirme sa prééminence, en concentrant 73 % du chiffre d’affaires du marché français, malgré une légère érosion (-1 %) », et que les flux restent massivement entrants, entre 83 % et 84 % selon que l’on lit le graphique ou le texte du baromètre. Autrement dit : la matière première d’un centre d’appels français reste un humain qui décroche, et un chatbot écrit ne s’attaque qu’à la fraction de cette matière qui pouvait se traiter autrement.

Attention

Quand un éditeur annonce « 80 % d’automatisation », lisez le dénominateur. Il s’agit presque toujours de 80 % des conversations éligibles, c’est-à-dire de celles qui portaient déjà sur un motif traité par le bot. Rapporté au flux total du plateau, le même chiffre tombe souvent entre 15 % et 35 %.

Le taux de déviation n’est pas une propriété du bot, c’est une propriété de votre flux

Deux centres d’appels qui achètent exactement la même solution n’obtiennent pas le même résultat, et l’écart n’a rien à voir avec la qualité du produit. Il vient de la répartition des motifs de contact. Un service après-vente e-commerce a une majorité de « où est mon colis » ; une plateforme d’assurance santé a une majorité de « ai-je droit à ce remboursement ». Le premier flux est massivement automatisable, le second presque pas.

Pour trancher motif par motif, trois questions suffisent, et elles se posent dans cet ordre.

  1. Faut-il authentifier la personne pour répondre ? Si oui, le bot ne sert à rien tant qu’il n’est pas branché sur le système d’information. Sans connexion, il ne peut que rediriger, donc il ne dévie rien.
  2. Faut-il porter un jugement ? Geste commercial, exception à la règle, arbitrage entre deux versions des faits : dès qu’une décision discrétionnaire est en jeu, la demande revient au conseiller, quelle que soit la qualité du modèle.
  3. La réponse existe-t-elle déjà, écrite, quelque part ? Procédure, conditions générales, fiche produit, article d’aide : c’est le terrain naturel du bot, et c’est là que se joue l’essentiel de la déviation.

Appliquée à un flux de centre de contact standard, la grille donne ceci.

Motif de contact Authentification Jugement Réponse documentaire Ce que le bot peut en faire
Horaires, adresses, conditions générales Non Non Oui Traité de bout en bout
Suivi de commande ou de colis Oui, faible Non Non, donnée système Traité si le bot lit le système d’information
Duplicata de facture Oui Non Non, donnée système Traité si le bot lit le système d’information
Mot de passe ou accès perdu Oui, forte Non Partiellement Traité si le parcours de réinitialisation existe
Prise ou report de rendez-vous Oui, faible Non Non, agenda Traité si l’agenda est connecté
Question tarifaire ou d’éligibilité Non Sur les cas limites Oui Cas standard traité, exception transférée
Panne ou incident technique Oui Oui Partiellement Pré-qualification seulement
Réclamation, litige, geste commercial Oui Oui Non Prise de contexte, puis conseiller
Résiliation Oui Oui Partiellement Conseiller, cadre juridique oblige

Comptez ensuite le volume mensuel réel de chaque ligne. La somme des lignes « traité de bout en bout » et « traité si connecté », divisée par le volume total, donne votre part éligible. C’est cette valeur, et pas une promesse commerciale, qui entre dans le simulateur ci-dessous. Si vous n’avez jamais fait ce comptage, il existe presque toujours dans l’outil de ticketing sous forme de codes motif ; c’est le premier livrable à demander avant toute démonstration produit.

Simulateur : combien de contacts votre chatbot déviera vraiment

Le modèle tient en cinq entrées et une seule idée que les calculateurs des éditeurs oublient systématiquement : un échec du bot ne coûte pas zéro, il coûte parfois un contact de plus. Quand la conversation s’arrête sans réponse et sans transfert, une partie des clients revient par un autre canal, et ce second contact s’ajoute au premier.

Les formules sont publiées, vous pouvez les refaire à la main :

  • contacts éligibles = volume total x part du flux que le bot peut prendre ;
  • contacts absorbés = contacts éligibles x taux de résolution du bot ;
  • contacts qui reviennent = échecs du bot x taux de re-contact, lui-même déterminé par la qualité de la bascule ;
  • déviation nette = (contacts absorbés moins contacts qui reviennent) / volume total.

Simulateur de déviation d’un centre d’appels

Cinq réglages, aucune donnée envoyée nulle part. Les valeurs par défaut correspondent à un plateau moyen doté d’un bot correctement connecté.

Volume mensuel de contacts entrants, tous canaux

Part de ce flux que le bot peut prendre en charge (le comptage du tableau ci-dessus)

Taux de résolution du bot sur ces demandes éligibles

Que se passe-t-il quand le bot échoue ?

Durée moyenne de traitement d’un contact par un conseiller

3 150contacts absorbés par le bot chaque mois
338contacts qui reviennent quand même
28 %déviation nette du plateau
234heures de conseiller libérées par mois

Il reste 7 188 contacts à traiter par un conseiller, sur 10 000 entrants.

Déviation marginale

Sous 15 %, le projet ne se rembourse pas par la baisse de charge. Il peut se justifier par la disponibilité en dehors des horaires d’ouverture ou par la capture de contacts qui n’auraient jamais appelé, mais pas par un plan de réduction d’effectif. Reprenez le comptage des motifs avant d’aller plus loin.

Déviation réelle mais modeste

Entre 15 % et 30 %, on est dans la zone que la plupart des plateaux atteignent réellement la première année. Le gain se voit d’abord sur les pics et sur les motifs les plus répétitifs, moins sur la masse salariale. Le levier suivant n’est pas un meilleur modèle, c’est un motif de contact supplémentaire branché sur le système d’information.

Déviation solide

Entre 30 % et 45 %, le bot change la maille de pilotage du plateau : le dimensionnement, les plages horaires et le profil des conseillers doivent être revus, parce que ce qui reste dans la file est mécaniquement plus complexe et plus long. Prévoyez que la durée moyenne de traitement résiduelle augmente.

Déviation très élevée, hypothèses à challenger

Au-delà de 45 %, vérifiez deux choses avant d’y croire : que la part éligible saisie correspond bien à un comptage de codes motif et pas à une estimation optimiste, et que le taux de résolution est mesuré sur des conversations réelles, pas sur un jeu de tests. Un taux de résolution auto-déclaré par l’outil compte souvent comme « résolue » toute conversation que le client a simplement abandonnée.

Faites un test instructif : gardez toutes les valeurs par défaut et changez seulement la quatrième ligne. En passant du transfert en direct au « rien, la conversation s’arrête », la déviation nette perd environ dix points. Pour récupérer ces dix points par le seul taux de résolution, il faudrait le faire passer de 70 % à près de 85 %. La qualité de la bascule vaut donc environ quinze points de taux de résolution, et elle coûte infiniment moins cher à obtenir.

La bascule vers le conseiller est l’endroit où l’argent se perd

Passerelle en bois entre un terminal et un casque de conseiller avec deux fiches tombees dans le vide
Ce qui tombe entre le bot et le conseiller ne disparaît pas : cela revient sous forme d’un second contact, plus long et plus tendu.

Dans le baromètre SP2C, Zoran Jelkic, PDG du groupe Bluelink, résume la condition en une phrase : « Elle doit réduire l’effort client, s’intégrer naturellement dans un parcours global et permettre une escalade fluide vers un conseiller humain. » Son confrère Younes Jabri, directeur général adjoint d’Outsourcia, la formule autrement : « Un client accepte un bot pour un colis de chaussettes, exige une voix humaine pour la livraison d’une œuvre d’art. »

Concrètement, une bascule réussie transmet quatre choses au conseiller, et pas une de moins.

Ce que la bascule doit transmettre

  • La transcription complète de l’échange, pas un résumé
  • L’identité déjà vérifiée, pour ne pas la redemander
  • Le motif détecté et le point exact de blocage
  • Les actions déjà tentées par le client

Les quatre façons de la rater

  • Le conseiller repart de zéro et refait poser les mêmes questions
  • Le transfert n’existe que pendant les horaires d’ouverture
  • Le bot boucle sur sa réponse au lieu de rendre la main
  • Le client doit se ré-authentifier après le transfert

Le point le plus sous-estimé est le troisième. Un bot qui ne sait pas dire « je ne sais pas » enferme le client dans une boucle, et cette boucle transforme un contact neutre en réclamation. C’est l’une des erreurs recensées dans notre guide des erreurs les plus fréquentes en création de chatbot, et c’est la seule qui dégrade à la fois la déviation et la satisfaction.

Capture de la page Support client de Botnation : automatisez votre support client et SAV avec un chatbot
La promesse d’un chatbot de support tient en trois verbes : répondre, qualifier, escalader. Capture de la page produit Support client de Botnation, le 6 août 2026.

Notez la formulation retenue sur cette page. Elle décrit un chatbot « capable de répondre instantanément aux demandes courantes, de qualifier les tickets et d’escalader vers un humain quand nécessaire ». Les trois verbes comptent, et le troisième est celui qu’on oublie de spécifier dans les cahiers des charges.

Deux dates qui changent la donne pour un centre d’appels en 2026

Le sujet a cessé d’être uniquement opérationnel. Deux textes s’appliquent à quelques jours d’intervalle, et les deux touchent directement un plateau téléphonique français.

Depuis le 2 août 2026 : dire que c’est une intelligence artificielle

L’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle est applicable depuis le 2 août 2026, en application de son article 113 qui dispose que le règlement « est applicable à partir du 2 août 2026 », les exceptions énumérées ensuite ne concernant pas le chapitre IV. Le paragraphe 1 est court et sans ambiguïté :

« Les fournisseurs veillent à ce que les systèmes d’IA destinés à interagir directement avec des personnes physiques soient conçus et développés de manière que les personnes physiques concernées soient informées qu’elles interagissent avec un système d’IA, sauf si cela ressort clairement du point de vue d’une personne physique normalement informée et raisonnablement attentive et avisée, compte tenu des circonstances et du contexte d’utilisation. »

Capture EUR-Lex de l article 50 du reglement UE 2024-1689 sur les obligations de transparence
Chapitre IV, article 50, paragraphe 1 du règlement (UE) 2024/1689, texte publié au Journal officiel de l’Union européenne. Capture EUR-Lex du 6 août 2026.

Pour un centre de contact, la conséquence est pratique. La mention doit apparaître à la première interaction, pas dans une politique de confidentialité. Sur un canal écrit, cela tient en une ligne de message d’accueil. Sur un callbot, cela tient en une phrase de l’annonce d’entrée. Et la sanction n’est pas symbolique : l’article 99, paragraphe 4 du même règlement prévoit pour ces manquements « une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000 000 EUR ou, si l’auteur de l’infraction est une entreprise, jusqu’à 3 % de son chiffre d’affaires annuel mondial total réalisé au cours de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu ».

À partir du 11 août 2026 : plus d’appel sortant sans consentement

Le second texte est franco-français et il touche l’autre moitié du métier. L’article L223-1 du code de la consommation, dans sa version issue de l’article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, entre en vigueur le 11 août 2026 :

« Il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers agissant pour son compte, un consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement à faire l’objet de prospections commerciales par ce moyen. »

Capture Legifrance de l article L223-1 du code de la consommation en vigueur a partir du 11 aout 2026
Article L223-1 du code de la consommation, version en vigueur à partir du 11 août 2026. Capture Légifrance du 6 août 2026.

Trois points méritent d’être retenus par un responsable de plateau. Le texte précise que « il appartient au professionnel d’apporter la preuve que le consentement du consommateur a été recueilli » : la charge de la preuve pèse sur l’appelant, pas sur l’appelé. Il maintient une exception pour l’exécution d’un contrat en cours, « lorsque la sollicitation intervient dans le cadre de l’exécution d’un contrat en cours et a un rapport avec l’objet de ce contrat ». Et il prévoit que « tout contrat conclu avec un consommateur à la suite d’un démarchage téléphonique réalisé en violation des dispositions du présent article est nul ». La liste d’opposition Bloctel disparaît à la même date, le démarchage devenant interdit par défaut plutôt que refusable au cas par cas.

Astuce

Le lien avec le chatbot n’est pas évident au premier regard, il est pourtant direct. Un plateau qui perd une partie de son activité sortante doit reconstituer une base de consentements traçables et faire remonter davantage de contacts entrants. Une conversation écrite est précisément l’endroit où un consentement se recueille par un acte positif clair, horodaté et rattachable à une conversation, ce qu’un appel sortant ne permet plus.

Mettre un chatbot dans un call center : la méthode en six étapes

Conseiller vu de dos avec un casque micro devant une tablette affichant des bulles de conversation vierges
Le conseiller reste au centre du dispositif : ce qui change, c’est la nature de ce qui arrive jusqu’à lui.
  1. Sortez les codes motif de douze mois. Volume par motif, durée moyenne de traitement par motif, saisonnalité. Sans ce fichier, tout le reste est une conversation d’opinion.
  2. Classez chaque motif avec les trois questions. Authentification, jugement, réponse documentaire. Vous obtenez votre part éligible réelle, celle à saisir dans le simulateur.
  3. Choisissez trois motifs, pas dix. Les trois plus gros volumes parmi les motifs entièrement automatisables. Un périmètre étroit et bien traité dévie davantage qu’un périmètre large et approximatif.
  4. Branchez la base de connaissances avant le modèle. Les articles d’aide, les procédures et les conditions générales sont la matière première des réponses. C’est le principe d’un chatbot RAG : le modèle ne sait rien, il lit vos documents.
  5. Spécifiez la bascule au même niveau de détail que les réponses. Qui reçoit, avec quoi, dans quel outil, selon quels horaires, et quel message est affiché au client au moment du transfert.
  6. Mesurez sur des conversations réelles. Taux de résolution mesuré, pas auto-déclaré ; taux de re-contact à sept jours ; satisfaction sur les conversations transférées, séparément des autres.

Sur l’étape 3, une remarque de terrain : les plateaux qui échouent sont presque toujours ceux qui ont voulu couvrir l’intégralité du catalogue de motifs dès la première version. Si vous hésitez entre construire vous-même et faire construire, le comparatif des trois voies de développement d’un chatbot et le panorama des agences chatbot IA détaillent les arbitrages, coûts et délais de chaque option.

Combien ça coûte, rapporté au contact dévié

La bonne unité de mesure d’un chatbot de centre d’appels n’est pas l’abonnement mensuel, c’est le coût par contact dévié. Sur la grille publique de Botnation relevée le 6 août 2026, l’offre gratuite est à 0 €, l’offre Basic à 39 € par mois, l’offre Pro à 59 € par mois, et l’offre Entreprise est « sur mesure », avec des « services création de chatbot » et un responsable de compte dédié. Les deux formules payantes incluent des chatbots illimités et un crédit d’IA offert une seule fois, de 500 requêtes pour l’offre Basic et de 1 000 pour l’offre Pro.

Poste Ce que ça recouvre Ordre de grandeur
Plateforme Abonnement, chatbots, canaux, analytics De 0 à 59 € par mois sur la grille publique
Crédits IA Requêtes vers le modèle, au-delà du crédit offert Facturé à la consommation, selon le modèle appelé
Connexion au système d’information Suivi de commande, facturation, agenda Le poste le plus variable, et celui qui débloque la déviation
Conception et scénarisation Arbre de conversation, base de connaissances, bascule Sur devis pour une prestation accompagnée
Exploitation Relecture des conversations, corrections, ajout de motifs Quelques heures par semaine, en interne
Info

Les prix d’une prestation de création sur mesure ne sont pas publics et se donnent sur devis : ils dépendent du nombre de motifs, du nombre de connexions au système d’information et du niveau d’accompagnement. Les fourchettes que vous croiserez ailleurs sont des ordres de grandeur de marché, pas des tarifs Botnation.

Le calcul qui décide se fait dans l’autre sens. Reprenez la sortie du simulateur : si votre plateau dévie 3 150 contacts par mois et libère 234 heures de conseiller, le coût complet du dispositif se compare à ces 234 heures, pas au prix affiché d’un abonnement. C’est aussi ce ratio qui vous dit à quel moment il devient rentable de brancher un motif supplémentaire sur le système d’information plutôt que d’améliorer les réponses de ceux déjà couverts.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un callbot et un chatbot ?

Le canal, et donc le moment où il intervient. Le chatbot est écrit et vit sur le site, l’application ou une messagerie : il agit avant que l’appel n’existe. Le callbot répond au téléphone : il agit à la place de l’appel. Le second ajoute une couche de reconnaissance et de synthèse vocales, ce qui augmente le coût, la latence et le taux d’incompréhension. Sur un plateau, les deux ne se disputent pas les mêmes contacts et se déploient rarement en même temps.

Un chatbot peut-il remplacer un centre d’appels ?

Non, et les chiffres du secteur le disent. Dans le baromètre SP2C x EY édition 2026, les agents IA représentent 8,7 % du chiffre d’affaires des centres de contact externalisés français en 2025, contre 90,4 % pour les conseillers humains. Un chatbot retire des contacts de la file, il ne supprime pas la file. Ce qui reste après lui est mécaniquement plus complexe, donc plus long à traiter.

Qu’est-ce qu’un chatbot de centre de contact ?

Un agent conversationnel connecté aux outils du service client, capable de répondre aux demandes récurrentes, de vérifier une information dans le système d’information et de transférer la conversation à un conseiller avec son contexte. La différence avec un chatbot de site vitrine tient à ces deux dernières capacités : sans connexion au système d’information et sans bascule, un bot ne dévie presque rien sur un plateau.

Faut-il prévenir l’appelant qu’il parle à une IA ?

Oui. L’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle, applicable depuis le 2 août 2026, impose que les personnes soient informées qu’elles interagissent avec un système d’IA, sauf si cela ressort clairement du contexte. L’information doit être donnée dès la première interaction. Le manquement relève de l’article 99, paragraphe 4, qui plafonne l’amende à 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu.

Quel taux de déviation viser la première année ?

Entre 15 % et 30 % du flux total est la fourchette réaliste pour un premier périmètre de trois motifs correctement connectés. Au-delà de 45 %, vérifiez la méthode de mesure : beaucoup d’outils comptent comme « résolue » toute conversation que le client a simplement abandonnée, ce qui gonfle mécaniquement le taux de résolution et masque les re-contacts.

Le chatbot fait-il baisser la satisfaction client ?

Pas en lui-même. Ce qui la fait baisser, c’est l’absence de sortie. Un bot qui répond mal mais qui transfère immédiatement à un conseiller avec la transcription coûte peu en satisfaction ; un bot qui boucle sur sa réponse sans jamais rendre la main transforme un contact neutre en réclamation. Mesurez la satisfaction séparément sur les conversations transférées et sur les conversations résolues par le bot : c’est le seul découpage qui montre où le problème se trouve.

Faut-il un chatbot ou un serveur vocal interactif ?

Ce ne sont pas des alternatives. Un serveur vocal interactif route les appels, il ne les résout pas : il déplace l’attente, il ne la supprime pas. Un chatbot résout des demandes sur un autre canal et fait donc baisser le nombre d’appels à router. Sur un plateau saturé, la question utile n’est pas « lequel des deux », mais « quels motifs peuvent quitter le téléphone ».

Automatisez la partie répétitive, gardez vos conseillers pour le reste

Botnation édite une plateforme no-code pour construire vous-même votre chatbot de support, et réalise aussi des chatbots sur mesure pour ses clients avec ses experts en création de chatbot. Site, WhatsApp, Messenger, Instagram, avec la bascule vers un conseiller prévue dès le départ.

Voir le chatbot de support client

Ou demander un devis pour un projet de centre de contact

Sources : SP2C et EY Consulting, Baromètre des impacts économiques, sociaux et territoriaux des centres de contact externalisés en France, édition 2026, présenté le 9 juillet 2026 (pages 22 à 29) ; règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, articles 50, 99 et 113, texte publié au Journal officiel de l’Union européenne ; article L223-1 du code de la consommation, version en vigueur à partir du 11 août 2026, modifié par la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13 ; grille tarifaire publique de Botnation relevée le 6 août 2026.

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